je ne m'attendais pas à recevoir un email de sa part. Depuis le dernier coup de téléphone que je lui ai passé, il y a plus de deux ans, elle n'a donné aucun signe de vie et elle semblait avoir fait
le choix de ne plus reprendre contact avec ses amis.
Disons que j'ai fait mon deuil par la suite. J'ai compris ce qu'il s'était passé, j'en étais "responsable" enfin inconsciemment en tout cas. Ce qu'il s'est passé n'a été qu'un évènement de plus
révélant que sur le plan inconscient, j'ai des programmes destructeurs issus de l'inceste vécu dans mon enfance.
Du coup, je ne lui en voulais pas. Je me suis juste prise plus ou moins en charge, acceptant qu'elle avait choisi sa vie. Elle m'avait annoncé sa grossesse. En fait, c'est vraiment à ce moment-là
que je l'avais vu pour la dernière fois... Après m'être relevé d'une longue et sérieuse dépression. Je ne lui ai pas dit tout ce que j'ai traversé, je n'ai pas envie de lui en dire davantage.
Mais aujourd'hui, elle m'écrit et demande de mes nouvelles. Elle a un petit garçon, je crois que cet enfant lui apportera beaucoup.
Plus le temps passe, plus les chemins s'éloignent. Je suis emplie d'amertume et de nostalgie, d'un sentiment que je ne saurai pas vraiment définir. Un mélange d'étonnement et un pincement au
coeur.
J'en viens à me demander quels sont ses réels sentiments à mon égard ? Est-ce qu'elle était perdue ? Est-ce qu'elle luttait intérieurement ?
Quand j'ai relu ce que j'ai écrit dans mon journal à cette époque, je me rends compte que je ne notais que quand ça allait mal avec elle, que lorsqu'elle me décevait. Pourtant, dans ma mémoire, les
premières choses auxquelles je pense sont à ces jours où elle m'a permis de dormir chez elle, où elle a été là quand mon petit rat est mort.
Elle ne le savait pas mais ces journées-là, je n'avais pas pris d'héro. Quelque part, elle a aussi joué un rôle de garde-fou, comme d'autres amis qui ont aussi été là pour moi. Outre le fait qu'il
y a eu des soucis, non pas tant à cause d'elle mais de ses choix et de son mari, je ne peux pas nier qu'elle ne m'a rien apporté.
J'ai juste pensé à un moment donné qu'elle ne m'aimait pas et je me suis orientée ailleurs parce que Liège, dans son ensemble, m'avait déçu.
Mais peu importe où que je sois sur cette planète, les souffrances sont en moi. C'est à moi de changer, pas à changer de lieu dès que ça ne va plus. C'est simplement difficile d'expliquer à ceux
qui m'ont vu adolescente pourquoi je continue à aller mal aujourd'hui malgré mon désir de vivre. Comment expliquer que deux parties en moi se livrent une bataille sans merci, d'un côté l'instinct
qui me commande de m'autodétruire puisque le programme source s'est autodécelé défaillant et de l'autre côté l'intelligence qui apporte de nouveaux éléments pour modifier le programme source...
Hum, ça me semble tout décousu cela. :-S
Avant hier, mon médecin m'a dit que j'étais jeune encore, que je n'ai que 27 ans donc c'est positif si ces souvenirs et ces sentiments s'évacuent maintenant.
Je le sais mais j'aimerais juste être au bout, au soleil, vivre enfin avec moi-même et non plus contre moi-même.
Je crois que je vais lui répondre mais je ne sais pas quand. Si elle m'a écrit, c'est peut-être qu'elle est prête à me parler à nouveau....
On peux toujours telephoner sur un coup de tete, mais écrire ça dénonce une réelle envie de reprendre contact.
Prend ton temps pour lui répondre si tu en as besoin mais ne lui répond pas sous une coup de tete, ça peux vraiment valoir le coup de répondre plus tard, quand tu en auras envie.
Courage.