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Dimanche 11 novembre 2007

par Mekaret Moon

Depuis une semaine, les choses se sont dégradées pour moi, pour ma santé surtout. Parfois, je me demande pour  quelles raisons  je n'accepte pas ce que je sais déjà.  J'avais décidé d'arrêter le cytalopram  parce que la somnolenc et la fatigue que cela me provoquait commençait  à m'énerver. Et puis, toujours cette petite voix qui me dit que j'ai la force de gérer seule mes états émotionnels alors j'ai arrêté.
Puis un premier signe: j'allais mieux, même très bien, si bien que j'ai compris que cette nouvelle énergie naissante au mois de septembre n'était pas si bon signe que cela.  Du coup, je me stabilise. Jusque là, ça va puisque bien sûr , je gère.
Jusqu'au  moment où la fatigue m'emporte et que de nouvelles crises de colère injustifiées suivies de crises de larmes me ramènent à la réalité: je ne suis pas apte à me soigner juste par la force de mon esprit.

Je connais pourtant mes cycles, je l'avais vécu à 14 ans. Cette même phase où je déborde d'idées positives et de projets, me disant ô combien la vie est belle pour finir un mois plus tard dans un hôpital . Puis, de  nouveau, on se relève, encore plus positive, battante. Les nuits raccourcissent, les activités et l'énergie se multiplient puis de nouveau, une période difficile et ce nouvel état dépressif revient comme s'il ne s'était jamais totalement effacé.

Aujourd'hui, j'ai dormi, dormi, dormi...  Accepter de perdre un peu, beaucoup de temps... Mais je sais que je ne supporterai pas que cet état perdure. 

Je viens de tomber sur une page et un passage m'a beaucoup marqué:
"Le suicide n'est pas un choix, on y est conduit quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d'y faire face."
Dans le suicide, il ne s'agit que de cela. Vous n'êtes pas une personne haïssable, ou folle, ou faible, ou incapable, parce que vous vous sentez suicidaire. Avoir des idées noires ne veut même pas dire que vous voulez vraiment mourir - cela veut juste dire que vous avez plus de douleur que de ressources pour la prendre en charge maintenant. Si j'empile des poids sur vos épaules, vous vous écroulerez au bout d'un moment si j'ajoute suffisamment de poids... quelle que soit votre volonté de rester debout. (C'est pourquoi il est si inutile que les gens vous disent : "debout, garde le moral!" - vous le feriez, évidemment, si vous le pouviez.)

De nouveau, il va falloir retrousser mes manches, trouver un médecin et suivre aussi longtemps que possible un traitement qui m'aidera à garder la tête suffisamment haute pour me donner les forces d'avancer. Et peut-être qu'il faut que j'accepte que ce soit une maladie, pas juste  un problème psychologique à résoudre.

Sinon comment expliquer ces phases où j'allais vraiment de l'avant, où j'oubliais mes problèmes comme tout le monde sans que cela ne m'empêche d'avoir une nouvelle phase dépressive, qui vienne et s'installe sans comprendre pourquoi puisque j'avais fait tout ce qu'on m'avait demandé... Etre  positive, aller de l'avant, profiter de la vie, voir les choses sous un angle positif, avoir des activités, ne pas penser à ce qui n'allait pas mais juste à ce qui allait bien... J'ai fait comme tout le monde, ces conseils qu'on m'a donné, ces fameux "bats-toi " mais aucun de ces conseils n'ont fonctionné.

Il faut juste que je m'habitue à ne pas être comme tout le monde...

publié dans : Au fil des jours...
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